[Vidéo + Analyse] Comment lutter contre la dépression – Partie 2 (Jordan Peterson en Français)

Jordan Peterson explique comment lutter contre la dépression (partie 2/2).

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Transcription de la vidéo :

En fait, vous ne pouvez pas imposer ça sur eux, vous savez, vous devez négocier avec la personne.

Et vous devez également leur apprendre à négocier avec eux-mêmes, ce qui est très utile à faire.

Vous savez, vous pouvez vous tyranniser pour faire des choses, mais je ne recommande pas cette méthode.

Ce que je recommanderais plutôt, c’est que vous vous demandiez qu’est-ce que vous êtes prêt à faire.

C’est une technique vraiment efficace.

C’est comme une technique de méditation, par exemple: on peut se lever le matin et penser:

«Eh bien, vous savez, je voudrais passer une bonne journée aujourd’hui, et donc je voudrais me coucher ce soir sans me sentir coupable de ne pas avoir fait certaines choses que j’ai dit que je ferais, et j’aimerais avoir une journée intéressante.

Je dois assumer mes responsabilités et je veux aussi profiter de la journée.”

Ensuite, vous pouvez vous demander:

“Bon, d’accord, quelles sont la liste des choses que je dois faire pour que tout cela se produise?”

Et si vous mettez en pratique cette méthode pendant 3 ou 4 jours, il y a une énorme probabilité que votre cerveau apporte ces réponses.

Vous allez vous rappeler qu’il y a ce devoir que vous n’avez pas fait depuis trois semaines à peu près, et vous devriez vraiment éliminer ça car ça ne vous prendrait que 10 minutes, et vous l’avez évité et vous vous êtes torturé à mort pendant 72 heures d’affilée.

Et si vous faites cela, voici une petite chose intéressante que vous pouvez faire, et, il y a aussi cette petite obligation que vous devriez gérer.”

Alors, ce que vous faites dans une situation comme celle-là, c’est que vous enseignez a la personne à négocier avec elle-même.

Il faut donc déterminer quels sont vos objectifs.

Vous devez avoir des objectifs, quels qu’ils soient.

Vous pouvez peut-être dire: “Eh bien, je suis tellement déprimé que je n’ai aucun but”.

Et puis je dis: “Choisissez le plus simple des objectifs, et consacrez y un moment et voyez ce qui se passe.”

Parce que parfois, vos systèmes émotionnels sont tellement encrassés que vous devez faire semblant, vous devez agir, avant de pouvoir commencer à y croire.

Je veux dire, les gens supposent toujours qu’ils doivent croire et ensuite agir, et parfois c’est vrai, mais le plus souvent ce n’est pas le cas.

Donc l’astuce, si vous faites du travail thérapeutique avec quelqu’un et que vous l’aidez à établir une structure, c’est de décider de ce qu’ils vont faire.

Maintenant, s’ils veulent vraiment aller mieux, et c’est pas toujours le cas, car il y a souvent des bénéfices à ne pas s’améliorer, et c’est essentiellement les avantages d’être un martyr, ou peut-être les avantages de faire ce que votre famille entièrement pathologique souhaite faire, car ils veulent réellement que vous échouiez.

En supposant que vous vouliez aller mieux, il y a généralement quelque chose que vous pouvez trouver, qui constituerait un pas en avant vers une sorte d’objectif concret.

Et ma présomption, c’est une présomption comportementale, fondamentalement, c’est que accumuler des petites victoires modestes, encore et encore, ça a une puissance incroyable.

Donc, vous savez, ceci est une autre chose à connaître dans votre propre vie; c’est quelque chose que j’ai appris en partie en lisant les écrits d’Alexandre Soljenitsyne, qui était un grand philosophe et romancier Russe.

Vous savez, il a dit: Vous pouvez regarder votre vie et voir ce qui ne va pas.

Je veux dire tout ce que vous avez à faire, c’est regarder.

Et puis vous pouvez commencer à réparer ces problèmes.

Et la façon dont vous pouvez réparer ces problèmes, c’est par vous rendre compte de ce que vous pourriez en effet réparer.

Vous savez, les gens essaient souvent de réparer des problèmes qu’ils ne peuvent pas réparer, ce que je ne recommanderais pas.

Parce que si vous essayez de réparer quelque chose que vous ne pouvez pas réparer, vous allez tout faire empirer.

Par exemple, vous pouvez trouver toutes sortes d’étudiants de premier cycle qui pensent qui sont en mesure de restructurer le système économique international, mais qui ne sont même pas capable de garder leur chambre en ordre.

Il y a en fait un gros décalage la, et c’est surprenant que les gens ne remarquent pas réellement.

Donc, je dirais: si vous faites attention, vous pouvez voir des choses que vous pouvez réparer.

Ces choses vous appellent, elles le font vraiment! Nous savons même comment cela se passe.

Laissez-moi vous donner un exemple, car il existe plein d’histoires.

Et les histoires ont des effets sur vous, alors voici une expérience classique.

Donc, vous prenez deux groupes d’étudiants de premier cycle, vous les faites venir dans votre laboratoire et vous donnez a un groupe un test à choix multiples, qui contient un tas de mots qui sont associés au fait d’être vieux.

Et vous soumettez à l’autre groupe le même test à choix multiples, sauf que les mots sont associés au fait d’être jeune.

Ceci est indépendant du contenu du test, il ne s’agit que de descriptions.

Et ensuite, vous chronométrez les étudiants de premier cycle, lorsqu’ils repartent pour prendre les ascenseurs.

Ceux qui ont lu le test à choix multiples qui comportait plus de mots associés au vieillissement marchent plus lentement quand ils se dirigent vers les ascenseurs.

Et ils ne s’en rendent pas compte, ils ne savent pas qu’ils le font.

Et cette étude a été reproduite sous diverses formes, de nombreuses fois.

Vous êtes incroyablement sensible à l’histoire que votre environnement vous dit, car votre environnement n’est pas fait d’objets, ca serait une erreur de croire ça.

Votre environnement est essentiellement constitué d’outils et d’obstacles.

Vous êtes une créature qui utilise des outils, vous êtes une créature qui perçoit des outil.

Par exemple, si je vous fais sortir de cette pièce et que je vous demande: “Qu’est-ce qu’il y avait dans la pièce?”

Vous ne direz pas, par exemple, “des motifs aléatoires sur le tapis”, car ces motifs sont réels, et le tapis est un objet aussi bon que tout le reste.

Vous allez dire “Chaises”, parce que vous pouvez vous asseoir dessus et vous allez dire “mains courantes”, parce que vous pouvez les tenir, vous allez dire “escaliers”, parce que vous pouvez les descendre.

C’est ce que vous voyez et c’est ce avec quoi vous interagissez.

Et si vous prêtez attention à votre environnement, qui, en passant, correspond a une version étendu de vous même, car toute votre expérience c’est vous; il vous dira tout le temps ce que vous devriez faire.

Tout ce que vous avez à faire, c’est le faire.

Mais ensuite, vous devez décider si vous voulez le faire.

Une des choses que j’ai remarquées chez les gens c’est parce que je me suis posé des questions, une fois que j’ai commencé à étudier ces histoires mythologiques, et j’ai eu cette idée sur le fait que la vie peut être suffisamment significative pour justifier ses souffrances.

Je me suis dit “Mon Dieu, ça c’est une très bonne idée!”, mais par contre ce n’est pas vraiment optimiste.

Vous savez, certaines personnes vous diront “Il suffit d’être heureux”.

Ces gens sont des idiots, je vous le dis, ce sont des idiots!

Car dans votre vie il va y avoir des choses qui vont se produire qui vous mettre une claque si forte que vous ne le croirez pas.

Et du coup vous ne serez pas heureux! Et donc, si la vie se doit d’être heureuse alors que ferez vous dans ces situations dramatiques: “Que faites-vous? Pourquoi même vivre?”

Mais rien ne garanti que la vie sera heureuse. Si vous êtes heureux, vous êtes chanceux et vous devriez en profiter, vous devriez vraiment en profiter, parce que c’est la grâce de Dieu, pour ainsi dire.

En ce qui concerne le sens de la vie, je me suis dit: “Les gens le savent quand ils font quelque chose qui a un sens, ils sont en mesure le dire! Alors pourquoi diable ne font-ils pas des choses qui ont un sens tout le temps ?” Cela semble évident, ils pourraient le faire.

Je veux dire, c’est difficile, vous savez, parce que d’autres personnes veulent que vous fassiez autre chose, et c’est un combat, mais tout est un combat.

Et puis je me suis dit “Bien … Oh, je comprends, je vois pourquoi”.

Cela m’a pris environ 10 ans pour comprendre cela.

C’est que les gens ont le choix!

Choix numéro 1: “Rien de ce que vous faites n’a de sens”.

Eh bien, c’est un peu un frein, non? Le manque de sens de la vie, et toute cette angoisse existentielle, vous savez, c’est une sorte de douleur.

Mais l’avantage de “Rien de ce que vous faites n’a de sens”, c’est: vous n’avez rien à faire, tu n’as aucune responsabilité!

Maintenant, il se peut que vous souffrez parce que les choses n’ont pas de sens, mais c’est un petit prix à payer pour pouvoir être complètement inutile!

L’alternative est: “Tout ce que vous faites compte, vraiment!”

Si vous faites une erreur, c’est une vraie erreur! Si vous trahissez quelqu’un, vous orientez le monde un peu plus brusquement vers le mal plutôt que vers le bien.

Ce que vous faites compte !

Eh bien, si vous acceptez cette idée, alors vous pouvez avoir une vie pleine de sens, et vous n’aurez pas de temps a perdre.

Cela signifie responsabilité.

Cela signifie que les décisions que vous prenez sont importantes.

Cela signifie que lorsque vous faites quelque chose de mal, c’est mal!

Et la question c’est : est-ce que c’est ce que vous voulez ?


Traduction et transcription réalisée par Thomas, pour “Inspiration, Nature & Nutrition”.